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Histoire inspirante

Guéri de la maladie de Kawasaki, il consacre sa vie aux enfants des rues

Après avoir frôlé la mort à 12 ans, James Fazio a transformé sa survie en une mission humanitaire auprès des enfants délaissés de Lima, au Pérou.

David HerremanDavid Herreman
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Enfants souriants — témoignage d'espoir et de résilience

Une enfance brisée par une maladie rare

Né en Californie dans les années 1980, James Fazio grandit dans la région de Atascadero, bercé par les vagues du Pacifique et sa passion pour le surf. Mais à l’âge de 12 ans, tout s’effondre, il est terrassé par une forme grave de la maladie de Kawasaki, un syndrome inflammatoire rare qui s’attaque aux vaisseaux sanguins, touchant principalement les jeunes enfants.

En l’espace de deux semaines, il perd près de 20 kilos, passant de 57 à 38 kg. Il devient méconnaissable : amaigri, faible, la peau se détachant de ses mains et de sa gorge, au point de ne plus pouvoir s’alimenter. Chaque bouchée lui arrache la chair. James est hospitalisé et les médecins annoncent à ses parents qu’il ne passera probablement pas la nuit. Pourtant, dans cette obscurité, une lumière : un spécialiste leur propose un traitement expérimental qui, jusqu’alors, n’avait guéri qu’un seul enfant.

James reçoit l’injection. Contre toute attente, elle agit. Les jours passent, il recommence à manger, à marcher, à vivre. Trois mois plus tard, il retrouve une santé quasi normale. Six mois plus tard, il court. Les médecins sont stupéfaits : aucune séquelle cardiaque. Il appelle cela un miracle. Dans son témoignage, il dit :

« Je savais que cette vie ne m’appartenait plus. Je ne pouvais plus la vivre pour moi-même. »

À 12 ans, James Fazio a frôlé la mort. Atteint de la maladie de Kawasaki — une inflammation rare qui peut endommager le cœur des enfants — il a passé des semaines entre la vie et l'absence, entre la peur et l'inconnu.

Un tête-à-tête avec la mort qui change tout

James n’a pas vécu une EMI ou une expérience mystique au seuil de la mort — pas de lumière au bout d’un tunnel ni de vision céleste. Mais cette épreuve, vécue dans la solitude d’un lit d’hôpital, déclenche une révolution intérieure. Immobilisé, il se pose des questions simples mais essentielles :

« Veux-tu vraiment vivre ? Que feras-tu de cette chance ? »

Sa réponse est un oui décidé, mais avec une condition : vivre pour autre chose que lui-même. Cette prise de conscience, née dans la douleur, devient le moteur d’une existence tournée vers les autres.

Découvrir la vie à travers les autres : le déclic humanitaire

À 19 ans, fraîchement diplômé du lycée, James prend une décision radicale. Il s’envole pour Lima, au Pérou, et rejoint Casa Generación, un refuge accueillant des enfants des rues. Ces jeunes, souvent marqués par la drogue, la violence ou l’abandon, survivent en marge d’une société qui les ignore. Là, James ne se contente pas d’aider : il enseigne, partage leurs repas frugaux et, surtout, leur prête une oreille attentive.

Un jour, José, un garçon au regard éteint, lui murmure :

« Avant toi, personne ne me voyait. »

Ces mots le bouleversent. James comprend qu’un geste aussi simple qu’écouter peut redonner une dignité à ceux qu’on a effacés. Ce moment cristallise sa mission : devenir un pont entre les invisibles et le monde.

Time Well Spent: Un documentaire pour transmettre l’espoir

De retour aux États-Unis, James décide de mettre en image ce qu’il a vu et vécu à Lima. Sans budget, il travaille pendant trois ans sur un projet de documentaire avec des jeunes originaires de divers pays, notamment du Pérou, du Costa Rica et des États-Unis. Il y étudie la communication et le cinéma. L’idée mûrit : raconter ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu, à travers un film documentaire intitulé “Time Well Spent” — Your Past Does Not Define Your Future. http://www.timewellspentdoc.org/.

Dans Time Well Spent, James Fazio accompagne quatre jeunes hommes — Kross Brodersen, Henry McAlvany, Declan Bradley et Yeferson Bellido — venus d’horizons différents : Indonésie, Hawaï, Pérou et Australie. Tous ont connu des parcours marqués par la douleur ou la précarité, et trouvent dans le surf un chemin de résilience. Le film les suit jusque chez eux, avant de les réunir à Bocas Del Toro, au Panama, pour vivre ensemble une expérience inédite mêlant aventure, entraide et transformation.

En plus de surfer les plus belles vagues, les jeunes participent à un projet humanitaire : la construction d’une maison pour une famille dans le besoin, avec l’ONG Homes of Hope, et la distribution de filtres à eau à des communautés privées d’eau potable.

Le message du film est clair :

« Peu importe d’où tu viens ou ce que tu as traversé, tu as de la valeur. Et tu peux offrir de l’espoir aux autres. »

Projeté dans des écoles, des églises et des rassemblements communautaires, le documentaire ne se contente pas de témoigner. Il interpelle :

« Que feriez-vous d’une seconde chance ? »

À travers ces récits de résilience, James invite chacun à réfléchir à la valeur du temps et à l’impact d’un engagement sincère.

La gratitude en action : un mode de vie

Suite au succès du documentaire, James s’engage pleinement dans la sensibilisation et le soutien aux jeunes en difficulté, en particulier en Amérique latine. Il multiplie les interventions publiques et humanitaires, avec pour mot d’ordre : transformer chaque seconde chance en opportunité pour les autres. L’objectif : leur offrir ce qu’il a reçu — une seconde chance. Par l’éducation, l’expression artistique, et la réinsertion, il poursuit cette mission qui est devenue sa raison d’être.

Il y parle de foi, de transformation, mais surtout de choix :

« Je veux que, le jour où je mourrai à nouveau, je puisse regarder en arrière et être fier de ce que j’ai fait avec cette seconde chance. »

Quand frôler la mort redonne sens à la vie

L’histoire de James Fazio dépasse le cadre médical. Il n’a pas vu de tunnel, ni traversé de lumière, mais il a fait face à la mort. Ce face-à-face l’a réveillé, recentré. Il vit depuis comme un homme reconnaissant, décidé à dédier chaque jour à quelque chose de plus grand que lui.

Dans un monde souvent centré sur l’individu, il incarne une autre voie : celle du don, de l’écoute, et de l’amour actif. Une invitation à tous ceux qui ont traversé une épreuve à en faire un appel. Car parfois, ceux qui ont vu la mort savent mieux que personne ce que signifie vivre.

Mais faut-il vraiment attendre de frôler la mort pour réorienter sa vie ? Et si, à notre tour, sans drame ni miracle, nous décidions simplement de vivre pour les autres ? Chacun peut faire de sa vie un remerciement. Chacun peut choisir d’aimer plus, de tendre la main, de donner du sens. James n’a pas eu le luxe du confort pour faire ce choix, mais vous, peut-être, l’avez-vous. Et si c’était maintenant ?

Sources:

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