Le paradoxe camerounais : une massification réelle du primaire (taux net ~96 %) coexiste avec une pauvreté des apprentissages de 72 %, un achèvement du collège à ~50 %, et un statut de l'enseignant non signé depuis octobre 2023.
AWAKEN DESTINY est une fondation privée de droit belge qui finance et accompagne les projets menés au Cameroun par l'association AWAKEN DESTINY, organisation camerounaise indépendante déclarée à Yaoundé.
Cette étude complète la page de données Le Cameroun en chiffres, qui présente les séries de la Banque mondiale comparées à la Belgique et à l'Afrique subsaharienne — ici, nous entrons dans le système éducatif lui-même.
Pourquoi ce document, et en quoi il diffère des fiches existantes
La fiche pays la plus consultée sur l'éducation au Cameroun est celle de l'IIRCA de l'UNESCO (IICBA), datée de janvier 2024. C'est un répertoire de liens utile, mais ce n'est pas une analyse, et ses données ont depuis été dépassées. Elle cite comme plan sectoriel courant la Stratégie 2013-2020 — la SSEF 2023-2030 n'étant devenue publiquement disponible qu'en février 2025. Elle donne les taux d'achèvement de 2022 alors que l'UNESCO a publié une nouvelle série en février 2026, et elle contient une formulation erronée que nous relevons au chapitre Corrections.
Ce document part de la qualité des données, pas des données : au Cameroun, le dernier recensement utilisable date de 2005, la dernière EDS de 2018, et la dernière évaluation des acquis scolaires de 2019. Tous les taux de scolarisation sont des fractions dont le dénominateur est estimé.
Il distingue systématiquement ce qui est mesuré de ce qui est modélisé. L'UNESCO publie désormais, pour un même indicateur et une même année, une valeur administrative et une valeur modélisée qui peuvent varier du simple au double.
Il refuse de trancher entre sources contradictoires quand la contradiction est elle-même l'information. La part du budget de l'État consacrée à l'éducation vaut 12,6 %, 13,3 %, 13,8 %, 18,3 % ou 19 % selon le périmètre retenu. Choisir un chiffre serait plus élégant ; montrer les cinq est plus utile.
Il énumère ce qu'on ne sait pas. Le chapitre Inconnues liste treize données cherchées sans les trouver — probablement la partie la plus précieuse pour quiconque prépare un projet, un financement ou un plaidoyer. Voir aussi le guide Éducation au Cameroun.
Avertissement préalable : l'état de l'appareil statistique
Le Cameroun est un pays de 29,1 millions d'habitants dont le dernier recensement général de la population remonte à 2005. Le quatrième recensement (RGPH-4) a été lancé le 24 avril 2026 ; son dénombrement a été prolongé jusqu'au 15 septembre 2026, avec un budget mobilisé de 13,28 milliards de FCFA contre 64 milliards initialement prévus. Aucune donnée n'en est encore issue.
Conséquence directe : tous les taux de scolarisation, d'achèvement et de déscolarisation sont des rapports dont le numérateur est administratif (comptages d'élèves par les ministères) et le dénominateur démographique projeté à partir de données vieilles de vingt et un ans. C'est la première cause des anomalies — notamment des taux bruts supérieurs à 100 %.
L'ECAM6 ne livrera pas de résultats avant 2028. L'ECAM5 reste donc, pour au moins deux ans encore, la seule source d'enquête permettant de croiser scolarisation et niveau de vie. L'absence d'EDS depuis 2018 a un effet mécanique : les séries UNESCO fondées sur les enquêtes ménages — taux de fréquentation, alphabétisation — sont gelées en 2018. Un « taux d'alphabétisation récent » est presque toujours la valeur 2018 (81,9 % chez les 15-24 ans) ou le chiffre ECAM5 de 2022 (83,3 %).
Les annuaires ministériels existent mais sont difficilement accessibles. Le MINEDUB a validé son annuaire 2024/2025 le 25 février 2026 à Mbankomo ; le MINESEC a publié le sien pour 2023-2024. Leurs fichiers ne sont pas librement téléchargeables. Pour les effectifs 2023/2024, la source exploitable la plus fiable est paradoxalement l'UNESCO.
Note technique : la fiche pays uis.unesco.org/en/country/cm n'existe plus. Les données passent par le Data Browser de l'ISU et une API publique. Millésime utilisé : release de février 2026. Convention : l'année UNESCO désigne la fin de l'année scolaire — « 2024 » signifie 2023/2024.
| Source | Terrain | Publication | Âge | Successeur annoncé |
|---|---|---|---|---|
| Recensement (RGPH-3) | 2005 | 2010 | 21 ans | RGPH-4, dénombrement en cours |
| Enquête ménages (ECAM5) | 2021-2022 | 2024 | 4-5 ans | ECAM6, collecte oct. 2026 – août 2027 |
| Enquête démographique et de santé (EDSC-V) | 2018-2019 | fév. 2020 | 8 ans | aucun |
| MICS (UNICEF) | 2014 | 2015 | 12 ans | aucun |
| Recensement scolaire consolidé (INS) | 2021-2022 | déc. 2023 | 4 ans | annuaires ministériels annuels |
| Évaluation des acquis (PASEC) | 2019 | déc. 2020 | 7 ans | PASEC2024, résultats attendus fin 2026 |
Accès : une massification réelle, un indicateur trompeur
En 2023/2024, le Cameroun scolarisait 5 289 656 élèves dans le primaire, contre 4 731 585 trois ans plus tôt — une progression de près de 12 %, soit 558 000 élèves supplémentaires. À la rentrée de septembre 2025, tous niveaux confondus, plus de 8,7 millions d'élèves ont repris le chemin de l'école.
Le taux net total de scolarisation au primaire atteint 96,2 % en 2023/2024. Sur le seul critère de l'inscription, le Cameroun est proche de l'universalité — un acquis réel, obtenu dans un contexte de croissance démographique rapide, de conflit armé dans deux régions et de pression budgétaire. Réserve : ce taux est administratif. L'ECAM5 donne pour 2022 un taux net de 89,1 % en milieu urbain et 72,3 % en milieu rural.
Le taux brut de scolarisation au primaire est de 114,4 % en 2023/2024 — chiffre affiché sur Le Cameroun en chiffres. Il dépasse 100 % lorsque beaucoup d'élèves sont hors de la tranche d'âge officielle (6-11 ans) : entrés trop tard, ou retenus par des redoublements. En 2023/2024, 13,3 % des élèves du primaire sont en surâge ; 611 326 élèves ont redoublé (11,6 % de l'effectif) ; le PASEC estimait en 2019 que plus de 45 % des élèves redoublent au moins une fois. Dès la SIL, 155 783 redoublants — un quart du total. Le rapport sectoriel de l'INS chiffre le gaspillage à 13 % des ressources du primaire pour les redoublements et 22 % pour les abandons.
Pour la même année 2023/2024 et le même indicateur — part des enfants d'âge primaire non scolarisés — l'UNESCO publie deux valeurs. L'estimation modélisée 2025 descend à 5,5 % (filles 4,9 %, garçons 6,2 %). La valeur modélisée est la plus prudente ; c'est celle que nous retenons. La déscolarisation explose ensuite : près de trois jeunes sur quatre en âge de lycée ne sont pas scolarisés.
Le recensement scolaire de l'INS donnait, pour 2021/2022, 446 747 enfants déscolarisés ou jamais scolarisés, dont 1,3 % seulement pris en charge par un CEBNF.
Hors école par tranche d'âge (modélisé, 2025)
- Âge du primaire — 5,5 % (filles 4,9 %, garçons 6,2 %)
- Âge du 1er cycle secondaire — 44,5 % (filles 47,2 %, garçons 41,8 %)
- Âge du 2e cycle secondaire — 71,9 % (filles 74,4 %, garçons 69,5 %)
| Méthode | Taux hors école, âge primaire | Effectif |
|---|---|---|
| Administrative (comptages ministériels) | 3,76 % | 173 924 enfants |
| Modélisée (enquêtes + démographie) | 6,7 % | — |
La petite enfance : le maillon délégué au marché
L'éducation préscolaire est le domaine où l'écart entre le discours et l'organisation réelle est le plus net. En 2023/2024 : 644 367 enfants inscrits au préprimaire (dont 322 873 filles) ; taux net de scolarisation préprimaire 30,4 % ; 41,0 % des enfants bénéficient d'au moins une année d'apprentissage organisé l'année précédant l'entrée au primaire (ODD 4.2.2) — donc 497 479 enfants, soit 59 % d'une cohorte d'environ 843 000, en sont privés ; espérance de vie scolaire au préprimaire : 0,76 année ; zéro année de préscolaire gratuit ou obligatoire dans la législation.
Le fait décisif : 65,5 % des effectifs du préprimaire sont dans le privé. L'État en scolarise 34,5 %. Le préscolaire camerounais est majoritairement un service marchand — alors que c'est le niveau où la littérature économique situe le meilleur rendement de l'investissement public sur les inégalités ultérieures.
Le recensement scolaire de l'INS (2021/2022) : 31,7 % des enfants de 5 ans avaient bénéficié d'au moins une année de préscolaire au niveau national, mais 7,9 % seulement à l'Extrême-Nord, et 14,2 % dans les zones d'éducation prioritaire — alors que ces zones abritent 45 % des enfants de 4-5 ans du pays.
La Stratégie 2013-2020 avait misé sur le préscolaire communautaire. Son bilan, dans la SSEF 2023-2030, est sans ambiguïté : le communautaire est resté bloqué à 2 % des effectifs. Le programme PAREC a depuis scolarisé 44 853 enfants en préscolaire communautaire rural (cible 38 360) — succès à l'échelle du projet, marginal à l'échelle du pays.
Le corps enseignant du préprimaire compte 32 512 personnes, dont 97,9 % de femmes, et 57,3 % seulement sont qualifiées.
Apprendre : le cœur du problème
La pauvreté des apprentissages — part des enfants qui, en fin de primaire, ne savent pas lire et comprendre un texte simple adapté à leur âge — est estimée à 72 % au Cameroun par la Banque mondiale (données 2019). Ce chiffre combine 7,1 % d'enfants non scolarisés (schooling deprivation) et, parmi les 92,9 % scolarisés, 69,8 % n'atteignant pas le seuil de lecture (learning deprivation) — soit 64,9 points du total. Sur cent enfants en situation de pauvreté des apprentissages, environ quatre-vingt-dix sont assis dans une salle de classe.
Le Cameroun se situe 14,4 points au-dessous de la moyenne d'Afrique subsaharienne — donc mieux que la région — mais 11,5 points au-dessus de la moyenne des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Par sexe : 72,7 % pour les garçons et 71,2 % pour les filles ; les filles souffrent davantage de privation de scolarisation (11,3 % contre 3,0 %) ; les garçons, de privation d'apprentissage.
L'évaluation PASEC 2019 a évalué séparément les deux sous-systèmes. Les mathématiques sont le point noir : en fin de primaire, sept élèves francophones sur dix n'atteignent pas le seuil. L'écart franco-anglo est massif : 22,3 % des élèves anglophones sous le seuil en lecture contre 50,2 % des francophones. Réserve : le test n'a pu porter que sur les écoles restées fonctionnelles dans les régions anglophones. La SSEF documente une perte de 37 % des effectifs du primaire, 49 % du secondaire général et 50 % de l'enseignement technique dans ces deux régions entre 2015/2016 et 2017/2018.
Plus de 65 % de la variance des scores en lecture et plus de 68 % en mathématiques en fin de primaire s'expliquent par les différences entre écoles. Chez les enseignants du sous-système anglophone : 4,9 % avaient besoin d'une remise à niveau en compréhension de l'écrit, mais 45,6 % en mathématiques.
Évaluations nationales INS 2021/2022 — CM2 francophone : 43,7 % au seuil en français, 13,4 % en mathématiques ; Class 6 anglophone : 74,0 % en anglais, 47,7 % en mathématiques. PAREC : part des élèves de fin de primaire au seuil minimal en lecture passée de 24 % en 2018 à 30,2 % en décembre 2025 (cible 35 % fin 2026) — seule condition de décaissement classée « hors trajectoire ».
Financement basé sur la performance : 5 240 écoles en 2025/2026 (56 % en ZEP), 79,9 % ont amélioré leur score. Mais une évaluation d'impact randomisée sur 240 écoles de la première vague : les subventions n'améliorent pas les résultats d'apprentissage et pourraient les dégrader — effets positifs sur propreté, personnel et rétention des filles.
Le PASEC 2024 a été collecté entre mars et juin 2025 (21 pays, plus de 28 000 répondants par pays) ; résultats attendus au dernier trimestre 2026. Dans le cadre du PAPMEC, un atelier à Soa (25 mai – 2 juin 2026) a élaboré un Référentiel national d'évaluation des acquis scolaires du primaire, validé par le MINEDUB.
| Indicateur | Sous-système francophone | Sous-système anglophone | Moyenne 14 pays |
|---|---|---|---|
| Début de primaire — langue (% sous seuil) | 62,4 % | 48,7 % | 55,5 % |
| Début de primaire — mathématiques | 44,7 % | 23,5 % | 28,8 % |
| Fin de primaire — lecture | 50,2 % | 22,3 % | 52,1 % |
| Fin de primaire — mathématiques | 70,2 % | 46,9 % | 61,8 % |
Achèvement et flux : le décrochage en escalier
Estimations modélisées UNESCO 2025 (release février 2026) : sur cent enfants entrant à l'école, environ soixante-dix-huit achèvent le primaire, cinquante le collège, vingt-trois le lycée. Les filles achèvent désormais plus que les garçons à tous les niveaux — indices de parité 1,08 / 1,06 / 1,06.
La marche la plus meurtrière est la transition : taux de transition primaire → 1er cycle secondaire de 60 % en 2021/2022 (INS), contre ~70 % pour l'Afrique centrale et l'ASS ; le bilan SSEF retient 70 % pour 2020/2021 sur un autre périmètre — les deux ne sont pas comparables. Le Partenariat mondial pour l'éducation note que ce taux est en déclin. Sans acte de naissance, un élève ne peut pas être présenté aux examens : PAREC phase 1 (janv.–juin 2024) a couvert 57 244 élèves de CM2 et permis 48 232 transitions ; phase 2 (juil. 2025) cible 1 048 170 élèves, 533 504 traités au 30 nov. 2025 (51 %).
Abandon : 34 % au primaire (INS 2021/2022) ; 35 % de la dépense du primaire perdue (13 % redoublements + 22 % abandons). Au 1er cycle secondaire, 20 % des ressources gaspillées ; 70 élèves par salle dans le secondaire public (norme 50).
Baccalauréat ESG : le taux officiel rapporte les admis aux présents. 2024 a déclenché la suppression des délibérations pour 2025 (+10,19 points), puis −5,31 points en 2026. Les inscrits chutent de 12 755 (−8,8 %) — coïncidence à surveiller avec la crise post-électorale, pas un fait établi. Parmi les 55 108 admis 2026 : 30 750 filles / 24 358 garçons. Mentions : 43 638 passable, 9 372 assez bien, 1 792 bien, 304 très bien, 2 excellent. BEPC : 59,10 % (2024) → 65,58 % (2025, 137 845 / 210 203) ; BEPC bilingue 75,90 % → 85,57 %.
Capital humain — deux échelles incompatibles. Ancien HCI (0-1, 2020, jamais actualisé) : 0,40 ; 8,7 années de scolarité attendues, score harmonisé 379, soit 5,3 années effectives — 3,4 années sur 8,7 ne produisent aucun apprentissage ; écart riche/pauvre 1,68. HCI+ (0-325, avril 2026) : 127 (ASS 126, revenu intermédiaire bas 153, Kenya 171) ; éducation 58 contre 61 régional — seul pilier sous la région ; femmes 117 / hommes 139. Combler les écarts augmenterait de 68 % le revenu futur. Le capital humain représente 58 % de la richesse nationale (Changing Wealth of Nations).
Baccalauréat ESG — sessions 2024 à 2026
- 2024 — taux de réussite 37,26 %
- 2025 — 144 383 inscrits, 143 299 présentés, 67 990 admis, 47,45 %
- 2026 — 131 628 inscrits, 130 772 présentés, 55 108 admis, 42,14 %
| Niveau | Total | Filles | Garçons |
|---|---|---|---|
| Achèvement du primaire | 77,8 % | 81,0 % | 74,6 % |
| Achèvement du 1er cycle secondaire | 49,9 % | 51,3 % | 48,4 % |
| Achèvement du 2e cycle secondaire | 22,7 % | 23,4 % | 22,0 % |
Les enseignants : le nœud non tranché
C'est la priorité retenue dans le Pacte de partenariat 2024 : « améliorer la qualité des apprentissages par la professionnalisation du métier d'enseignant ». Données 2023/2024, primaire : 121 453 enseignants dont 74 549 femmes (61,4 %) ; ratio élèves/enseignant 43,6 ; ratio élèves/enseignant qualifié 63,5 ; 68,6 % qualifiés ; 72,3 % formés (2022/2023) ; attrition 0,70 %.
Le décalage 43,6 / 63,5 est le vrai indicateur : un tiers des enseignants n'a pas la qualification requise. Le taux d'enseignants formés a chuté de dix points en un an (82,7 % en 2021/2022 → 72,3 % en 2022/2023), après une décennie de progression depuis 57,4 % en 2010. Les enseignantes sont beaucoup moins souvent qualifiées : 60,4 % contre 81,7 % — 21 points d'écart.
Les « maîtres des parents » — enseignants recrutés et rémunérés par les associations de parents, hors statut — devaient disparaître à l'horizon 2020. Leur poids parmi les enseignants « craie à la main » des écoles primaires publiques a presque doublé, de 18 % en 2012 à 33 % en 2017. Aucun chiffre actualisé après 2017. Mécanisme documenté : les frais versés par les parents financent les enseignants vacataires. La « gratuité » du primaire public est structurellement financée par le sous-financement du corps enseignant.
Le mouvement OTS (« On a Trop Supporté ») naît en février 2022. Chronologie : projet de statut déposé le 6 octobre 2023 puis le 2 avril 2025 — sans suite ; grève des onze universités publiques en janvier 2025 (dette académique depuis 2009) ; COREC notifie le Premier ministre le 19 mars 2025 ; opération « École morte » le 22 avril 2025 (45 % de suivi le premier jour) ; pétition nationale le 13 juillet 2026, signée par 18 syndicats. Au 3 août 2026, le statut spécial n'est pas signé. Forum national de l'éducation non tenu. Convention collective de l'enseignement privé au point mort. Seul acte concret : décret n° 2024/057 du 21 février 2024, revalorisation de 5 % des salaires de tous les fonctionnaires.
Recrutements : PAREC a permis 18 000 enseignants (cible atteinte) ; arrêté conjoint du 6 janvier 2026 pour 3 000 instituteurs (épreuves 14 février 2026) ; 12 242 recrutements prévus en 2026 ; engagement de 3 000 supplémentaires en 2027. Résultat visible : 98 % des écoles primaires publiques de plus de 100 élèves disposaient d'au moins trois enseignants payés par l'État en décembre 2025, contre 43 % en 2017. Mais sur 16 260 enseignants suivis, 12 116 (74,5 %) sont matriculés et payés. Sur 965 centres préscolaires communautaires conformes, 727 (75 %) attendent des arriérés de trois années scolaires. Presse (prudence) : 3 442 enseignants MINESEC résidant à l'étranger seraient toujours payés ; ~5 000 auraient déserté depuis 2023. Banque mondiale : baisse d'environ 78 % des absents de poste entre 2024 et 2025 (2 200 → 480). Horizon : 9 612 départs à la retraite d'ici 2030.
Formation initiale réformée : décret du 4 octobre 2023 — niveau d'entrée relevé au baccalauréat, durée de deux ans (auparavant BEPC pour trois ans). Nouvelle appellation : « éducateurs du préscolaire et du cycle primaire ». Effet mesurable à partir des cohortes 2026-2027.
Le financement : trois chiffres, trois périmètres, une réalité
Règle de lecture : un chiffre autour de 13 % désigne le budget total ; un chiffre autour de 19 % exclut la dette. En % du PIB : 2,84 % en 2023 (après 2,66 % en 2022, sous les 3,10 % de 2020). L'INS mesure une dépense intérieure d'éducation de 926 milliards FCFA en 2022, soit 3,3 % du PIB (ménages inclus). Revue des finances publiques Banque mondiale (juin 2024) : dépenses cumulées éducation + santé inférieures à 5 % du PIB. Référentiel ODD 4 : 4 à 6 % du PIB et 15 à 20 % des dépenses publiques. CEFAN revendique 20 à 22 % du budget et 6 % du PIB.
Loi de finances n° 2025/012 du 17 décembre 2025 : budget de l'État à 8 816,4 milliards FCFA (+14 %), dont 3 104,2 milliards à emprunter. Le secondaire pèse davantage que le primaire (MINESEC 595 Mds / MINEDUB 334 — rapport 1,8 ; INS : 59 % secondaire vs 31 % éducation de base). Le budget de l'éducation croît moins vite que celui de l'État (+2 à +7 % vs +14 %) ; CEFAN chiffre +1,03 % seulement sur le périmètre élargi. Le MINEFOP reçoit 33,4 milliards — 3 % de l'enveloppe — alors qu'il porte l'objectif SND30 de passer l'enseignement technique et professionnel de 10 % à 25 % des effectifs du secondaire.
INS 2022 : 79,8 % des dépenses courantes d'éducation sont des salaires ; l'investissement ne représente que 9,3 % de la dépense. Les ménages financent 31 % de la dépense au primaire et 21 % au secondaire.
L'école primaire publique est obligatoire et gratuite en droit. Les parents paient néanmoins des frais d'APEE de 5 000 à 15 000 FCFA au primaire (presse 2024-2025), plus rubriques de remise à niveau, propreté et soutien aux vacataires. Verrou juridique : les frais d'APEE sont établis par un décret présidentiel de 2001 — seul le Président peut les suspendre. Confirmation de maintien le 26 août 2024 ; assignation en justice du Réseau National des Consommateurs le 4 septembre 2024. Aucune suppression en 2025 ni 2026. ECAM5 : dépense d'éducation = 4,4 % de la dépense totale des ménages ; taux net primaire 70,4 % chez les pauvres contre 89,4 % chez les non-pauvres ; secondaire 32,4 % contre 65,3 %.
Réussite manuels : ratio passé d'un manuel pour 12 élèves (2016) à 1,5 manuel par élève (2023) ; plus de quatre millions d'enfants ; coût unitaire réduit de plus de moitié ; en décembre 2025, 100 % des niveaux 1 et 2 et 54 % du niveau 3 disposaient du paquet des trois manuels essentiels.
Financements extérieurs : GPE — cumul 220,3 M USD depuis 2006, cinq subventions actives pour 102,1 M USD dont PAPMEC 31,25 M USD (2026-2029) et Multiplicateur 14,87 M USD (BID). PAREC (P160926) : 227,45 M USD, 155,18 M décaissés au 22 déc. 2025, clôture 31 déc. 2026. PADESCE (P170561) : 125 M USD, décaissement 56,74 % au 12 nov. 2025, ~408 162 élèves dont 192 777 filles, plus de 4 300 chefs d'établissement formés. Alerte : les deux projets Banque mondiale closent le 31 décembre 2026 ; aucun nouveau projet éducation approuvé entre 2023 et août 2026.
Dotations ministérielles 2025 → 2026
- MINESEC — 583,056 → 595,233 Mds FCFA (+2,1 %)
- MINEDUB — 313,614 → 334,315 Mds FCFA (+6,6 %)
- MINESUP — 136,568 → 143,338 Mds FCFA (+5,0 %)
- MINEFOP — 33,4 Mds FCFA en 2026
- Total ministères ~1 106,3 Mds (écart léger avec les 1 107,5 Mds DGB)
| Source | Valeur | Périmètre |
|---|---|---|
| UNESCO / FMI (2024) | 13,83 % | dépenses publiques totales, dette incluse |
| Direction générale du budget (2026) | 12,6 % | 1 107,5 Mds FCFA / budget total 8 816,4 Mds |
| Société civile CEFAN (2026) | ~13,3 % | 1 168,8 Mds FCFA, périmètre élargi jeunesse et recherche |
| INS (2022) | 18,27 % | budget hors service de la dette |
| Partenariat mondial pour l'éducation | 19 % | dépense éducative consolidée, hors dette — année non précisée |
Les géographies de l'inégalité
Aucun facteur ne prédit mieux le destin scolaire d'un enfant camerounais que la région où il naît. Un candidat du Sud-Ouest a deux fois plus de chances d'obtenir son baccalauréat qu'un candidat de l'Extrême-Nord. BEPC 2025 : 83,77 % au Littoral contre 43,29 % à l'Extrême-Nord — 40,48 points. PASEC 2019 dès le début du primaire : part sous le seuil en langue de 10,0 % au Littoral à 90,1 % à l'Extrême-Nord ; en fin de primaire Extrême-Nord : 81,4 % sous le seuil en lecture, 88,6 % en mathématiques. Carte de pauvreté ECAM5 : 69,2 % Extrême-Nord, 66,8 % Nord-Ouest, 61,1 % Nord, contre 10,8 % à Yaoundé et 8,3 % à Douala.
L'écart devait se réduire et il s'est creusé : coefficient de variation des taux bruts régionaux passé de 0,215 à 0,249 (1er cycle) et de 0,156 à 0,227 (2e cycle) entre 2012 et 2017. ZEP (Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord) : 2 937 écoles PAREC en ZEP (56 % des 5 240) ; écarts PASEC ZEP/non-ZEP de 111,4 points en langue et 84 en mathématiques ; indice d'équipement ZEP 46 %.
Composition sociale (INS 2021/2022) : 77 % des enfants non scolarisés appartiennent aux deux quintiles les plus pauvres ; ces quintiles = 40 % des 5-24 ans mais 23,3 % du 1er cycle secondaire et 8,3 % du 2e ; les deux quintiles les plus riches = 53,5 % et 75,5 %. Accès à la Terminale : 27 % urbain contre 5 % rural. Chef de ménage non alphabétisé : 66,6 % de probabilité d'être pauvre, contre 26,2 % sinon. Conditions matérielles : 13 écoles primaires sur 100 ont une cantine ; 2,5 latrines pour 100 élèves au primaire public, 0,92 pour 100 au secondaire général.
Nord-Ouest / Sud-Ouest : −37 % d'effectifs au primaire, −49 % au secondaire général, −50 % technique (2015/2016–2017/2018). Environ 2 245 écoles non fonctionnelles (68 % NW, 39 % SW — chiffre 2023) ; 865 029 enfants de 4 à 17 ans ayant besoin d'une assistance éducative dans les deux régions, sur plus de 1,5 million au national (UNICEF 2024/2025) ; 6 attaques contre l'éducation recensées par OCHA à septembre 2025. Attention : « 855 000 enfants privés d'école au NW/SW » est un chiffre UNICEF de novembre 2019. Malgré tout, le Sud-Ouest est premier au bac 2026 (54,26 %), le Nord-Ouest cinquième (38,58 %).
Extrême-Nord : 564 091 enfants ayant besoin d'une assistance éducative (UNICEF) ; autre périmètre 1 126 007 élèves et 12 000 enseignants ; 262 écoles inondées (2024) ; 2 écoles attaquées au T1 2026 ; 308 personnes enlevées en trois mois (OCHA, août 2026).
Crise post-électorale oct.–nov. 2025 : établissements fermés à Douala ; villes mortes ; GECAM janv. 2026 — 94 % des entreprises affectées ; renforcement e-learning MINESEC (limites : électricité 60,2 % ECAM5 2022). Signaux non reliés : rentrée T3 reportée du 20 au 27 avril 2026 ; inscriptions bac −8,8 %. Zones d'intervention de l'association partenaire : Yaoundé, Bertoua.
Urbain / rural — ECAM5 2022
- Taux net de scolarisation, primaire — urbain 89,1 % / rural 72,3 % (écart 16,8 pts)
- Alphabétisation des 15-24 ans — urbain 92,1 % / rural 70,8 % (écart 21,3 pts)
| Région | Taux de réussite, Bac ESG 2026 |
|---|---|
| Sud-Ouest | 54,26 % |
| Littoral | 49,41 % |
| Ouest | 46,27 % |
| Centre | 44,66 % |
| Nord-Ouest | 38,58 % |
| Est | 35,09 % |
| Adamaoua | 34,59 % |
| Sud | 33,30 % |
| Nord | 28,73 % |
| Extrême-Nord | 26,27 % |
Genre : une inversion silencieuse, des angles morts persistants
La plupart des documents de référence, y compris la fiche UNESCO de janvier 2024, décrivent un système défavorable aux filles. Cette description est périmée sur l'achèvement. Les filles camerounaises achèvent désormais leur scolarité plus souvent que les garçons, à tous les niveaux. Le baccalauréat 2026 le confirme : 30 750 admises pour 24 358 admis. Les garçons ont un taux brut de scolarisation primaire supérieur (119,2 % contre 109,5 %) mais achèvent moins — ils entrent plus, redoublent plus et sortent plus. Le décrochage des garçons devient un problème de politique publique non encore identifié comme tel.
Ce qui n'a pas changé : hors école en âge du 2e cycle — 74,4 % filles contre 69,5 % garçons (2025). Alphabétisation adultes ECAM5 2022 : 75,3 % global, 69,5 % femmes ; femmes pauvres 45,2 % contre 81,0 % non-pauvres. EDS 2018 : 70 % femmes 15-49 ans contre 83 % hommes ; 86 % femmes urbaines contre 50 % femmes rurales. Qualification des enseignantes : 60,4 % contre 81,7 %. HCI+ avril 2026 : 117 femmes / 139 hommes.
Levier d'action : l'évaluation randomisée du financement basé sur la performance a montré des effets positifs sur la rétention des filles, sans effet sur les apprentissages. Rapproché des 0,92 latrine pour 100 élèves du secondaire, cela suggère que l'amélioration des conditions matérielles peut agir sur le maintien des filles, indépendamment de la qualité pédagogique.
| Niveau | Filles | Garçons | Indice de parité |
|---|---|---|---|
| Achèvement du primaire | 81,0 % | 74,6 % | 1,08 |
| Achèvement du 1er cycle secondaire | 51,3 % | 48,4 % | 1,06 |
| Achèvement du 2e cycle secondaire | 23,4 % | 22,0 % | 1,06 |
Handicap, réfugiés, déplacés : les publics que le système ne compte pas bien
Point de départ officiel : 10 % seulement des enfants en situation de handicap sont scolarisés. Un Plan national d'éducation inclusive 2024-2028 a été validé en octobre 2024 (coût 100 milliards FCFA, financé à 65 % par l'État et les CTD) : transformer 1 289 établissements, former 8 075 enseignants et encadreurs, porter à au moins 25 % d'ici 2027 la proportion de personnes à besoins spécifiques scolarisées en cadre inclusif. Atelier MINESEC du 1er avril 2026 sur les modalités — aucun indicateur d'exécution trouvé. Le recensement scolaire INS identifiait 21 656 élèves à besoins spécifiques en 2021/2022.
INS 2021/2022 : 334 913 élèves vulnérables (73 % au primaire), dont 198 319 déplacés internes, 85 034 réfugiés, 21 656 à besoins spécifiques — 29 904 relevant d'autres situations. Le Cameroun accueille des réfugiés centrafricains à l'Est — dont la zone d'intervention de Bertoua — et nigérians à l'Extrême-Nord, en plus des déplacés internes des régions anglophones et de l'Extrême-Nord. Données 2025-2026 actualisées non établies.
Alimentation scolaire : 13 écoles primaires sur 100 disposent d'une cantine. Dans un pays où 27,2 % des enfants de moins de cinq ans souffraient d'un retard de croissance en 2024, c'est un chaînon manquant entre santé et apprentissage. C'est l'une des raisons pour lesquelles la fondation finance et accompagne ensemble l'aide alimentaire, l'accès à l'eau et l'accompagnement scolaire — mis en œuvre par l'association partenaire.
EFTP et enseignement supérieur : la promesse d'employabilité
SND30 fixe deux cibles : porter l'offre technique et professionnelle de 10 % à 25 % des effectifs du secondaire, et de 18 % à 35 % dans le supérieur. Cadre : SNDCTP 2024-2030 (finalisée nov. 2023), loi n° 2018/010. SSEF : la formation professionnelle « encadre plus de 300 000 jeunes chaque année » ; cartographie 2025 : 4 426 structures dans 9 ministères, 545 789 apprenants. INS 2021/2022 : 407 028 élèves dans le secondaire technique et professionnel sur 1 983 379 (20,5 %) ; 59 557 apprenants en centres de formation (83,6 % privé). Note : les « 10 % » SND30 et les « 20,5 % » INS ne mesurent pas la même chose — ne pas conclure que la cible est atteinte.
Réforme annoncée : remplacement des SAR/SM par des Centres de Formation aux Métiers (décrets mars 2026). PADESCE : 350 tableaux numériques (avr. 2025) ; plus de 4 300 chefs d'établissement formés ; bons de formation pour 1 000 jeunes (3 à 6 mois). Point faible : MINEFOP à 33,4 milliards (3 % de l'enveloppe), dirigé par un ministre par intérim en cumul depuis le 27 juin 2025.
Enseignement supérieur 2023/2024 : 447 513 étudiants (219 663 femmes) ; TBS 16,7 % (femmes 16,4 %, hommes 17,0 %) ; 40,4 % dans le privé ; 7 670 enseignants ; 26,8 % de femmes parmi le personnel académique de niveau doctorat ; taux brut de diplomation 8,32 %. Onze universités d'État depuis le décret du 5 janvier 2022 (Bertoua, Garoua, Ebolowa) ; ~96 à 98 établissements et grandes écoles rattachés. Bilan SSEF : « L'élargissement de la carte universitaire ne s'est pas accompagné de l'amélioration des plateaux techniques, des équipements et infrastructures. » Réforme depuis le 12 mai 2026 : maquettes types et socle commun. Tensions : grève janv. 2025 (dette depuis 2009) ; depuis juillet 2026, 100 % des frais de scolarité à acquitter avant visa étudiant français.
Gouvernance : un arsenal stratégique dense, un pilotage en attente
Le Cameroun n'a jamais été aussi bien doté en documents de cadrage. La SSEF 2023-2030 (~350 pages) contient un bilan autocritique explicite de la stratégie précédente : échec sur les maîtres des parents, aggravation des disparités régionales, impasse du préscolaire communautaire, dérive du taux de promotion collège-lycée à 92 % au lieu des 32,7 % visés. Vision : « promouvoir un système éducatif à l'issue duquel tout jeune diplômé est sociologiquement intégré, bilingue, compétent dans un domaine capital pour le développement du pays ». Bilan chiffré 2013-2020 (gouvernement) : achèvement primaire 70,8 % → objectif 100 %, réalisé 75 % ; transition CM2→6e 69,3 % → objectif 85 %, réalisé 70 %.
Le gouvernement chargé d'exécuter ces stratégies est en place depuis 2019. Malgré la réélection du 12 octobre 2025 et l'annonce d'un nouveau gouvernement le 31 décembre 2025, aucun remaniement n'était intervenu au 3 août 2026. Quatre dossiers sans arbitrage — statut de l'enseignant, frais d'APEE, Forum national de l'éducation, enseignement fondamental — ne demandent pas d'argent, ils demandent une signature.
Régulation du privé : le 20 juillet 2026, trois arrêtés mettant fin aux activités de 105 établissements privés dans sept régions (dont 52 dans le Littoral) pour 2026-2027 — sources divergentes 105 / 205, nous retenons 105. Le privé accueille 25,3 % du primaire, 65,5 % du préprimaire et 40,4 % du supérieur. La régulation intervient après coup.
Titulaires des portefeuilles d'éducation (inchangés au 3 août 2026)
- MINEDUB — Laurent Serge Etoundi Ngoa
- MINESEC — Pauline Nalova Lyonga Egbe
- MINESUP — Jacques Fame Ndongo, Ministre d'État
- MINEFOP — Mounouna Foutsou, par intérim (en cumul avec la Jeunesse)
| Document | Période | Statut |
|---|---|---|
| Stratégie Nationale de Développement (SND30) | 2020-2030 | en vigueur |
| SSEF 2023-2030 | 2023-2030 | en vigueur, déclinaison sectorielle de la SND30 |
| Plan d'action triennal SSEF | 2024-2026 | en vigueur |
| SNDCTP | 2024-2030 | en vigueur |
| Plan national d'éducation inclusive | 2024-2028 | validé oct. 2024 |
| Pacte de partenariat GPE | 2024 | en vigueur |
| Stratégie de transformation numérique de l'EFTP | annoncée déc. 2025 | publication non vérifiée |
Ce qu'il faut corriger dans les fiches de référence existantes
Les fiches pays sont abondamment recopiées, et leurs erreurs se propagent. Ci-dessous, les points de la fiche IIRCA UNESCO de janvier 2024 à actualiser, plus des pièges de sourcing. Thèmes absents de la fiche et centraux en 2026 : crise des enseignants et statut non signé, frais d'APEE, clôture des deux projets Banque mondiale fin 2026, Plan national d'éducation inclusive, déscolarisation du second cycle (71,9 % hors école).
Chiffres circulants à ne pas reprendre
- « 855 000 enfants privés d'école au NW/SW » — UNICEF novembre 2019
- « Pauvreté des apprentissages : 77 % » — données 2014 ; valeur courante 72 % (2019)
- Taux CEP « 89,21 % » / « 95,23 % » — résultats burkinabè ; « BEPC 2026 66,27 % » gabonais ; « 52,17 % » ivoirien
- Ratio élèves/enseignant qualifié 280 (2022) ou 157 (2023) — aberrants ; retenir 2024 : 63,5
- « SSEF 2016-2025 » — non attestée par le document 2023-2030
- Annonce MINESEC de « délibérations strictes » aux examens 2026 — fausse (démenti mai 2026)
| Affirmation fiche janv. 2024 | État au 3 août 2026 |
|---|---|
| Stratégie 2013-2020 = plan le plus récent | Remplacée par SSEF 2023-2030 (dispo. fév. 2025) ; plan GPE = Pacte 2024 |
| Achèvement primaire : 66 % filles / 73 % garçons (2022) | 81,0 % filles / 74,6 % garçons (2025) — sens de l'écart inversé |
| Achèvement 1er cycle : 35,6 % / 35,2 % | 51,3 % filles / 48,4 % garçons (2025) |
| Supérieur TBS : 13 % femmes / 15 % hommes (2018) | 16,4 % / 17,0 % (2023/2024) |
| HCI 0,40 « 40 % du potentiel » | Exact mais jamais actualisé depuis 2020 ; HCI+ avril 2026 = 127/325 (éducation 58 vs 61 régional) — échelles non comparables |
| « 111 % des enfants inscrits pourraient avoir un faible niveau d'apprentissage » | Phrase erronée. Réel : 72 % pauvreté des apprentissages = 64,9 pts scolarisés qui n'apprennent pas + 7,1 pts non scolarisés |
| Égalité des genres via recherche FAWECAM/VSO 2013 | Référence vieille de 13 ans ; données pertinentes = parité achèvement 2025, qualification enseignantes, alphabétisation femmes rurales |
| Fiche pays ISU uis.unesco.org/en/country/cm | N'existe plus — utiliser le Data Browser ISU |
| Sigles « MINISEC » / « MINISUP » | Sigles officiels : MINESEC et MINESUP |
Cinq points d'appui pour l'action de terrain
Ce document est une analyse, pas un plan de plaidoyer. Voici les cinq conclusions opérationnelles que nous retenons pour le travail de la fondation et de l'association partenaire — chacune adossée à une donnée précise.
Et une conclusion de méthode, tirée de l'évaluation randomisée du financement basé sur la performance : donner de l'argent aux écoles améliore les écoles, pas nécessairement les apprentissages. Toute intervention doit se mesurer sur les acquis des enfants. Nos projets sont conçus dans cet esprit.
- L'accompagnement scolaire est un levier sur le bon point de blocage. Le problème n'est pas l'inscription — 96 % de taux net au primaire — mais l'apprentissage : 69,8 % des enfants scolarisés n'atteignent pas le seuil de lecture. Un dispositif d'école des devoirs agit précisément là, et sur la transition vers le collège (60 % seulement en 2021/2022). C'est ce que l'association partenaire met en œuvre à Yaoundé via l'École des devoirs.
- Le soutien administratif vaut le soutien pédagogique. Le PAREC a établi 57 244 actes de naissance pour des élèves de CM2 et obtenu 48 232 transitions. Un enfant sans état civil ne peut pas être présenté aux examens — barrière invisible, peu coûteuse à lever, à fort rendement.
- Les conditions matérielles agissent sur la rétention des filles. 0,92 latrine pour 100 élèves au secondaire, 13 cantines pour 100 écoles primaires. L'évaluation randomisée a montré un effet mesuré sur la rétention des filles, même sans effet sur les scores.
- L'alphabétisation des adultes a un rendement chiffré. Chef de ménage non alphabétisé : 66,6 % de probabilité d'être pauvre, contre 26,2 % sinon. Une femme rurale camerounaise sur deux ne sait pas lire. Alphabétisation des mères et autonomisation économique des femmes sont étroitement associées à l'éducation des enfants.
- Le préscolaire est l'angle mort le plus rentable. 41 % des enfants seulement bénéficient d'une année d'apprentissage avant le primaire — 7,9 % à l'Extrême-Nord. Préscolaire majoritairement privé (65,5 %) ; communautaire à 2 %. C'est le champ où une intervention associative comble un vide que ni l'État ni le marché n'occupent.
Ce que personne ne sait — et qu'il faut assumer
Nous listons ici les données cherchées sans les trouver. Mieux vaut une lacune signalée qu'une estimation présentée comme un fait. Une échéance à surveiller : PAREC (227,45 M USD) et PADESCE (125 M USD) closent tous deux le 31 décembre 2026 ; relais annoncé via GPE (31,25 M USD, 2026-2029) et BID (14,87 M USD, 2025-2029). L'année scolaire 2027-2028 pourrait être la première depuis une décennie sans opération majeure de la Banque mondiale dans l'éducation camerounaise.
Données statistiques manquantes et décisions politiques en attente
- Effectifs, enseignants et établissements 2023/2024 et 2024/2025 issus des annuaires ministériels (fichiers non librement accessibles)
- Ventilation des enseignants par statut (fonctionnaires, contractuels, maîtres des parents, vacataires) — aucun effectif national publié depuis 2017 pour les maîtres des parents (33 %)
- Effectifs séparés du 1er et du 2e cycle du secondaire général
- Taux brut de scolarisation au secondaire pour 2023/2024 (série UNESCO arrêtée à 2023)
- Dépenses publiques d'éducation en % du PIB pour 2024 (dernière valeur : 2,84 % en 2023)
- Taux nationaux CEP et FSLC 2024-2026 ; Probatoire 2026
- Déficit officiel en salles de classe et en enseignants
- Désagrégation régionale et par quintile des taux ECAM5 (non publiée dans les synthèses)
- Scores moyens PASEC 2019 en points ; résultats PASEC 2024 (attendus T4 2026)
- Effectif total supérieur 2024-2026 consolidé ; taux de chômage des diplômés récent
- Part exacte du privé 2024-2025 ; scolarisation réfugiés/déplacés 2025-2026 ; indicateurs d'exécution du Plan inclusif
- Statut spécial de l'enseignant — déposé 6 oct. 2023 et 2 avr. 2025, non signé
- Forum national de l'éducation — en préparation depuis oct. 2023, jamais tenu
- Suppression des frais d'APEE — verrouillée par décret présidentiel de 2001
- Texte instituant l'enseignement fondamental — objectif reporté depuis 2013
- Convention collective de l'enseignement privé — négociations au point mort depuis sept. 2025
- Stratégie de transformation numérique de l'EFTP — annoncée déc. 2025, non vérifiée
- Remaniement gouvernemental — annoncé 31 déc. 2025, non intervenu au 3 août 2026
- Décret rendant l'enseignement des langues et cultures nationales obligatoire et évalué — introuvable
Méthodologie et sources
Principes : chaque chiffre est daté (année de référence distincte de l'année de publication) ; estimations modélisées distinguées des données administratives ; contradictions exposées, pas arbitrées ; calculs propres signalés (ratio élèves/enseignant 43,6 ; taux de redoublement 11,6 %) ; annonces distinguées des réalisations.
Limites : pas d'accès aux annuaires ministériels 2023/2024 et 2024/2025, ni au rapport complet ECAM5, ni aux rapports pays complets PASEC 2019. Cette étude sera mise à jour à la publication des résultats PASEC 2024 (T4 2026) et à la parution des annuaires ministériels. Étude arrêtée au 3 août 2026.
Pour aller plus loin : Le Cameroun en chiffres · Yaoundé · Bertoua · Zoétélé · Nos projets · Entreprises et mécénat · guide Éducation au Cameroun.
Sources principales
- UNESCO UIS — Data Browser et API, release février 2026
- Banque mondiale — Human Capital Project (HCI+ avril 2026), Learning Poverty Brief (données 2019), Public Finance Review (juin 2024), supervision PAREC / PADESCE
- Partenariat mondial pour l'éducation — page pays, Pacte 2024, cadre de résultats 2025
- PASEC / CONFEMEN — rapports Cameroun francophone et anglophone, PASEC2019
- OCHA — situations NW/SW et Extrême-Nord, 2025-2026 ; UNICEF Cameroun — éducation
- INS — ECAM5, Rapport sectoriel éducation 2022, recensement scolaire 2021-2022, Factbook 2024
- SSEF 2023-2030, SND30, SNDCTP 2024-2030
- MINEDUB, MINESEC, MINESUP, MINEFOP — décisions et communiqués
- Loi n° 2025/012 du 17 décembre 2025 ; documents budgétaires MINFI / DGB
- Sites PAREC et PADESCE ; analyses budgétaires CEFAN
- Presse camerounaise et internationale avec recoupement (Cameroon Tribune, Journal du Cameroun, Data Cameroon, Jeune Afrique, etc.)
