Un nouveau bâtiment à Yaoundé : nos projets prennent racine
Depuis juillet 2026, la fondation dispose d'un bâtiment plus grand au quartier Nkolmesseng, à Yaoundé. Entre ces murs, trois projets prennent vie — et avec eux, de nombreuses destinées.
David Herreman
Il y a des nouvelles qu'on a hâte de partager. Celle-ci en fait partie, et je vous l'annonce avec une joie que je ne cherche même pas à contenir : depuis ce mois de juillet 2026, Awaken Destiny dispose d'un bâtiment plus grand pour ses activités à Yaoundé, au cœur du quartier Nkolmesseng, à Mébé-city.
Quand nous avons créé la fondation avec mon épouse Élise en 2024, nous rêvions de ce moment sans oser lui donner une date. Nous savions qu'un jour, nos projets auraient besoin de vrais murs pour grandir — des murs assez larges pour accueillir les machines, les tables d'écoliers, les cuves de savon, et surtout les personnes. Ce jour est arrivé.
Je vous fais une confidence : je n'ai pas encore foulé le sol de ce bâtiment. Je vous écris depuis la Belgique, et ce sont nos bénévoles sur place — qui y travaillent déjà avec un dévouement qui me touche profondément — qui m'en font vivre chaque étape à distance. Et pourtant, à chaque photo, chaque message qu'ils nous envoient, je ressens quelque chose de rare : la certitude tranquille que des vies vont changer entre ces murs.

Une plaque, deux drapeaux
Il y a une image qui m'a particulièrement ému. Au-dessus du portail, nos bénévoles ont soudé une plaque où l'on peut lire, en grandes lettres : AWAKEN DESTINY. Quiconque passe désormais dans cette rue de Nkolmesseng sait qu'ici, des destinées s'éveillent.
Et sur le toit du bâtiment flottent deux drapeaux, côte à côte : celui de la Belgique et celui du Cameroun. Deux pays, une même famille. C'est toute l'histoire de notre fondation qui flotte là-haut — née de la rencontre de nos deux pays, portée par des cœurs des deux côtés de la Méditerranée. Quand le vent les fait danser ensemble, c'est notre pont entre Charleroi et Yaoundé qui devient visible à l'œil nu.
Pourquoi ce bâtiment change tout
Jusqu'ici, nous n'avions pas assez d'epace pour permettre une bonne gestion des projets. Ce nouveau lieu nous offre ce qui manquait le plus : la possibilité de faire vivre nos projets en même temps, sous un même toit, sans que l'un empêche l'autre de grandir.
Mais au-delà des mètres carrés, c'est un signal. Pour les familles du quartier, AWAKEN DESTINY n'est plus seulement une main tendue de passage : c'est une adresse, une porte à laquelle on peut frapper, un lieu qui dit « nous sommes là, et nous restons ». Avoir pignon sur rue à Nkolmesseng, c'est enraciner notre promesse dans le quotidien de ceux que nous servons.
Et entre ces murs, trois projets qui nous tiennent profondément à cœur sont en train de se concrétiser.
L'atelier de couture : des mains qui reprennent leur destinée
Dans la plus grande salle du bâtiment, les machines à coudre commencent à trouver leur place. Des femmes que la vie avait laissées sans ressources — veuves, mères isolées, jeunes filles déscolarisées — y apprennent un métier, point après point.
Le principe reste celui qui nous anime depuis le début : ne pas donner un poisson, mais apprendre à pêcher. Après plusieurs mois de formation, chaque femme repart avec sa propre machine, remboursée par un micro-crédit échelonné qui permettra d'équiper la suivante. Avec ce nouvel espace, nous pouvons accueillir plus d'apprenantes à la fois — et chaque place supplémentaire, c'est une famille de plus qui pourra bientôt vivre du travail de ses mains.
La savonnerie : de la mousse naît l'autonomie
Un peu plus loin, la savonnerie Awaken Destiny prend forme. Ici, nous fabriquons nos savons liquides et durs, signés du logo de la fondation, dont l'intégralité des bénéfices est reversée à nos actions au Cameroun.
Mais ce lieu est aussi un lieu de formation : des femmes et des hommes y apprennent la confection des savons, du dosage à la coulée, jusqu'à la vente au marché. Le nouveau bâtiment nous donne enfin l'espace pour produire et former en même temps. Un simple savon, deux vies transformées — et désormais la place pour en transformer bien davantage.
L'École des devoirs : rallumer l'envie d'apprendre
Et puis il y a ma fierté la plus douce : la salle où, après la classe, des enfants en difficulté ou déscolarisés viennent retrouver la confiance et le goût d'apprendre. L'École des devoirs ne remplace pas l'école publique — elle la complète, elle l'humanise, elle rattrape ceux que le chemin a fait trébucher.
Dans ce nouveau bâtiment, les enfants ont enfin un espace qui leur est dédié, calme et bienveillant. Quand un enfant recommence à lever la main, à poser des questions, à rêver d'un métier, c'est tout un avenir qui se rouvre. Et derrière lui, une famille entière qui se remet à espérer.
Ce n'est qu'un début
Je vous écris ces lignes avec une émotion sincère. Ce bâtiment, ce ne sont pas des murs : c'est un carrefour de destinées. Des femmes qui y entreront dépendantes et en sortiront autonomes. Des enfants qui y entreront découragés et en sortiront rêveurs. Des familles entières dont la trajectoire va changer, simplement parce qu'un lieu existe désormais pour les accueillir.
Rien de tout cela ne serait possible sans vous — donateurs, partenaires, et vous qui lisez ces lignes et portez nos actions dans votre cœur. Et je veux dire ici, du fond du cœur, merci à nos bénévoles de Yaoundé : pendant que je vous écris depuis la Belgique, ce sont eux qui installent, aménagent, soudent, hissent les drapeaux et donnent vie à ce lieu. Ce bâtiment est le leur autant que le nôtre.
Quant à moi, j'ai déjà une promesse à tenir : celle de passer un jour sous cette plaque, de lever les yeux vers ces deux drapeaux et de serrer dans mes bras celles et ceux qui font vivre ce lieu. En attendant, nous partagerons très bientôt des photos et des nouvelles de la vie qui s'installe entre ces murs. Si vous souhaitez faire partie de cette belle aventure, chaque soutien compte — et transforme.
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